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Quand un conflit apparaît au sein d'un groupe apparemment uni, il est étonnant de voir combien les faits peuvent être l'objet de lectures différentes et combien le consensus d'hier révèle aujourd'hui des perspectives historiques divergentes. L'expérience de la traduction génère un trouble comparable. Au-delà de la non-équivalence des mots d'une langue à l'autre, ce sont deux mondes avec leur histoire et leurs réponses qui cherchent à entrer en dialogue.
Ce sont ces deux fils, celui du conflit dans une institution et celui de la traduction, que je voudrais brièvement tresser ensemble pour faire de la revue que vous tenez dans vos mains un carrefour hospitalier, un traducteur.
La réalité ne fait pas unanimité. Tous conviennent de son existence, tous l'entendent différemment. Freud a évité le piège d'une définition axée sur des contenus pour plutôt aborder la question d'un principe. Et ce principe de réalité, il le conçut en position nécessairement conflictuelle avec le principe de plaisir. La réalité est issue d'un conflit.
La réalité, ajoutait Freud, doit être éprouvée; elle doit être mise à l'épreuve. Elle se différencie par cette mise à l'épreuve qui génère un éprouvé qu'il faudra tolérer, lier, élaborer. Elle exige un travail continu car elle évolue, elle change, comme la vie. Le Moi se représentera cette réalité; il n'a que la représentation pour construire sa propre réalité. Mais le Moi n'est pas seul au travail; il se développe dans un champ représentatif riche de toute l'histoire et de toute la culture élaborées par le groupe, en particulier avec