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Le psychanalyste français René Kaës a apporté une contribution conséquente à la psychanalyse au cours des dernières décennies, particulièrement dans le domaine de la psychologie des groupes. Les lecteurs, francophones et anglophones, de la Revue canadienne de psychanalyse peuvent remercier David Benhaim pour son introduction éclairante au travail de René Kaës, plus particulièrement pour ce qui est du complexe fraternel, qui forme le propos de son plus récent ouvrage Le complexe fraternel (2008). Dans le présent article, je tenterai de communiquer le contenu de la présentation de Benhaim au lecteur anglophone1 en proposant quelques réflexions personnelles sur des idées connexes émises par des psychanalystes de langue anglaise. Je me servirai également du texte éclairant et stimulant de Benhaim comme tremplin pour réfléchir au problème des traductions successives entre les deux concepts psychanalytiques.
Benhaim met d'abord l'accent sur la « spécificité » du complexe fraternel. Par spécificité, René Kaës veut dire que le complexe fraternel est irréductible — qu'il a une existence propre. Comme le fait remarquer Benhaim, on a l'habitude de traiter la dynamique de la fratrie comme un déplacement de la dynamique œdipienne. Kaës laisse plutôt entendre que le complexe d'Œdipe n'est pas, en réalité, le complexe « nucléaire », ou du moins, qu'il n'est pas le seul. Il s'agit plutôt d'un pôle dans une dualité structurelle plus grande de la psyché qui englobe un autre complexe « nucléaire » — le