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Le thème de ce livre est l'histoire des rapports faits à la fois de fascination et de répulsion, de convergences et de divergences, de promesses et de malentendus à travers lesquels s'est tissée au fil du temps la rencontre entre la psychanalyse et l'anthropologie. On sait la place privilégiée que cette dernière a toujours eue dans le dialogue que Freud a soutenu avec des champs connexes de connaissance, et cela, tout au long de son œuvre; on sait aussi combien l'anthropologie et sa description de peuples non occidentaux ont servi à Freud de pôle de relance et d'étayage pour la formulation de certaines de ses intuitions. On sait aussi que ce dialogue a été conflictuel, qu'il a soulevé des passions de part et d'autre. Ce qui est en jeu à travers ce débat est une conception de l'humain et de la vie psychique, la tension entre l'universel et le particulier dans le travail de la culture, l'articulation entre singularités individuelles, particularités culturelles et sociales, et le caractère aveugle de la poussée pulsionnelle et des forces qui nous habitent. Éric Smadja nous présente l'histoire de ce débat et nous introduit à des travaux plus récents dans lesquels sont mises au travail les convergences pressenties entre les deux champs.
L'originalité de ce livre est d'approcher l'histoire de ces rapports tumultueux et souvent passionnels à partir d'un thème central en psychanalyse, le complexe d'Œdipe dans lequel se nouent au niveau fantasmatique désir de meurtre et désir sexuel et où prennent forme les questions relatives à l'origine, à l'alliance et à la filiation, des thématiques que travaille aussi l'anthropologie depuis ses origines. L'hypothèse de base de l'auteur est que les discussions qui ont entouré la question de l'universalité du complexe d'Œdipe ont cristallisé un débat beaucoup plus profond, dont il s'efforce