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Ce livre expose le parcours original, profond, authentique de deux analystes qui, depuis des années, s'intéressent à l'exploration psychanalytique du champ de la folie ou de la psychose, qu'ils mettent en rapport avec l'Histoire et les traumas de l'Histoire associés notamment aux guerres.
Les auteurs ont déposé leur manuscrit chez leur éditeur, à New York, à la fin d'août 2001. Une semaine plus tard s'écroulaient les tours du World Trade Center, événement qui, comme coïncidence, vient traverser l'actualité du livre. Cela peut évoquer un temps qui s'immobilise ou encore l'idée que les hommes n'apprennent rien de leur passé, ni de leur histoire.
Ce livre paraît un peu plus de 50 ans après la Deuxième Guerre mondiale. Deux générations, c'est généralement le temps qu'il faut pour réintroduire dans le langage les événements traumatiques oubliés de l'Histoire.
Les auteurs nous rappellent que l'étude de la folie ou de la psychose nécessite un vaste champ de connaissances bien qu'il puisse s'agir de l'affronter à mains nues. Tout en appartenant à l'école lacanienne, ils ont côtoyé des auteurs de diverses écoles (Klein, Winnicott, Anna Freud, Sullivan), acquis une expérience clinique considérable tant dans les établissements psychiatriques qu'en cabinet, soit en France, soit aux États-Unis où ils ont séjourné à l'Austen Riggs Center consacré à la psychothérapie analytique des psychoses, où ils sont arrivés en 1979. Ils ont aussi rencontré des hommes-médecine (medicine men) sioux du Dakota du Sud et de Manitoulin Island en Ontario, ainsi que de nombreux analystes. Leurs échanges leur ont permis de faire l'expérience d'une théorie de la parole et du langage qui leur était familière, allant retrouver ailleurs ce qui était aussi chez eux.
Dès le départ, les auteurs indiquent qu'ils ne s'attarderont pas sur les discours tenus sur la folie, qu'il s'agit plutôt de trouver ce qu'elle a à dire. Ainsi, emploieront-ils indifféremment les mots de folie, psychose, etc., mots de la langue de