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Au fil de ses rencontres cliniques, et de son intérêt pour des patients « meurtris de la vie », ayant vécu des traumatismes psychiques précoces par excès ou absence de contenance, de tendresse, violents avec les autres et avec eux-mêmes, Dominique Cupa a d'abord envisagé de rédiger un ouvrage sur la pulsion de cruauté. Elle n'a cependant pas supporté longtemps cette perspective et a ajouté à son travail une élaboration sur la tendresse. Antidote à la cruauté, la tendresse fait battre le cœur de sa réflexion et de son livre.
Professeur de psychologie à Paris X Nanterre et psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, elle expose dans ce volume une relecture de la théorie freudienne des pulsions. Avec une grande liberté, un profond sens clinique elle nous propose une version personnelle des pulsions d'autoconservation: une double hélice comprenant les pulsions de tendresse liées à Éros et les pulsions de cruauté liées à Thanatos.
Ses propositions l'ont conduite à réexaminer point par point la théorie de l'autoconservation avancée par Freud. En exploitant les élaborations freudiennes des deux dualismes pulsionnels, elle développe son hypothèse centrale, dans les deux premiers chapitres de son ouvrage: la pulsion de mort conçue comme ayant une fonction d'autoconservation, l'autoconservatif de l'infans nécessitant à la fois un objet suffisamment intricant et une auto-intrication pulsionnelle suffisante.
Pour D. Cupa, la pulsion ne peut être considérée comme un système autarcique. Mettant l'accent sur l'articulation entre l'intrapsychique et l'intersubjectif, elle se réfère toujours au couple pulsions du sujet / pulsions de l'objet, un pulsionnel à double foyer: la pulsionnalité du nourrisson travaillant celle de la mère qui travaille celle du nourrisson.