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Après trente ans de fréquentation de son œuvre et de sa correspondance, Pierre Sabourin esquisse l'histoire du grand clinicien que fut Sándor Ferenczi, ses principaux concepts et leur impact jusqu'à nos jours, à travers les travaux de différents auteurs. La trame en est un premier livre écrit en 19851 dans la foulée de la traduction du Journal clinique à laquelle il a participé. Depuis l'année 2000, avec la publication du troisième tome de sa correspondance avec Freud, tous les documents connus sont disponibles2. La correspondance permet d'asseoir « la place » que l'auteur assigne à Ferenczi auprès du fondateur de la psychanalyse, tant comme cofondateur du mouvement psychanalytique international (API) que comme clinicien, collègue et ami. Une utilisation judicieuse des concepts ferencziens, comme s'il en dévoilait la gestation et la naissance, encadre l'interprétation des relations institutionnelles, professionnelles, familiales et amicales de l'histoire « la plus juste possible » qu'il défend.
Pourquoi cinquante ans de silence sur l'œuvre de Ferenczi? La censure effectuée sur certains écrits de Freud et l'analyse de la correspondance de Ferenczi amènent P. Sabourin à supputer que la raison en est l'ombrage faite sur Freud et son œuvre, par l'enfant terrible de la psychanalyse, ombre perçue par Jones, Anna Freud, à l'insu de Freud lui-même. Un silence qui nous rappelle le secret de l'agression sexuelle au sein de la famille, l'isolement et le discrédit réservés à l'enfant dénonciateur qui menace de la faire éclater. C'est la trame de l'histoire que tisse pour son lecteur P. Sabourin et dont voici quelques éléments.