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«Vrai self,” «faux Self,” «véritable identité,” «expérience authentique,” concepts winnicottiens par excellence, mais peuvent-ils ouvrir sur la métapsychologie freudienne, notamment sur le narcissisme primaire? C'est ce que Cléopâtre Athanassiou-Popesco tente d'élaborer dans cet article particulièrement dense, à la fois éclairant, mais également, jusqu'à la fin, porteur de questionnement. Comme pour beaucoup d'entre nous, elle tente de créer des ponts entre Freud et Winnicott. Là où ce dernier cherchait à se dégager des conceptions et élaborations du père de la psychanalyse, Athanassiou-Popesco reprend ses concepts pour leur apporter plus d'épaisseur et les inscrire en complément de Freud, sans oublier les développements de Mélanie Klein dont elle s'inspire largement.
C'est à l'évolution du concept du vrai Self dans la pensée de Winnicott qu'elle s'attarde longuement dans un premier temps. Alors qu'au tout début, Winnicott parle de l'émergence du vrai Self en lien avec la relation omnipotente du bébé avec un objet qui efface sa réalité, vers les années 50 le vrai self devient une instance (centre du Self) dont dépend l'authenticité de toute expérience objectale et du sentiment continu d'existence, donc vraiment associé à l'expérience d'un moi en rapport avec ses objets.
Pour A.-Popesco, nous sommes déjà là au cœur des paradoxes de Winnicott dans l'importance qu'il attribue à l'objet (l'environnement). En effet, alors que l'objet joue un rôle primordial dans l'émergence du vrai self, Winnicot semble en quelque sorte en parler comme d'un système clos