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Ce livre est le fruit des réflexions issues d'une rencontre organisée au Collège de France, qui réunissait des psychanalystes, des psychiatres, des spécialistes en psychopathologie expérimentale, en immunologie, et des neurologues. Ni cet ouvrage ni le colloque n'avaient pour but de prouver la pertinence d'une approche plutôt qu'une autre. Il s'agissait davantage de stimuler les échanges entre différents champs, dans un souci de partage de connaissances et d'ajustement des savoirs : Parle-t-on du même inconscient? Y-a-t-il une distinction entre inconscient cognitif et inconscient freudien? Entre inconscient procédant de la continuité et l'autre procédant de la discontinuité.
Freud prenait acte des limites de son temps : « Nous devons nous attendre à recevoir de la biologie des lumières… et il s'agira peut-être de réponses telles qu'elles feront s'écrouler tout l'édifice artificiel de nos hypothèses » (Freud 1920, p. 121-122) Freud nous convoquait déjà à une certaine forme de plasticité, notion présente dans la première partie de cet ouvrage. Celle-ci - Traces et plasticité - rappelle en effet que la plasticité neuronale est la capacité du cerveau a être modifiée par l'expérience, cette dernière laissant donc une trace.
Les traces s'associant les unes avec les autres aboutissent à la formation de nouvelles traces. L'inscription de la trace par la plasticité introduit une discontinuité, espace de non détermination qui permet au sujet d'être auteur et acteur de son devenir, de produire une trace qui le singularise. Qui dit trace, dit empreinte, mémoire. Y-a-t-il une coïncidence entre les deux types de traces : psychique et synaptique? Pour Freud, le frayage est entendu comme une route tracée contre la résistance d'un milieu, sur laquelle tout est inscrit et il n'admet aucune rupture dans la continuité de la consolidation des traces, congédiant toute autonomie de la cause organique. S'il y a névrose traumatique, c'est qu'il y a conflit interne antérieur. Or, des expérienc