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LE 6 AOÛT DERNIER, le cancer a emporté Hélène Richard, figure marquante du rayonnement de la psychanalyse au Québec et dans le monde francophone.
Hélène Richard a en effet fondé en 1992, la revue Filigrane, Revue d'écoutes psychothérapiques. Elle a dirigé, je dirais porté cette revue de langue française, unique en Amérique du Nord, pendant une quinzaine d'années; elle a considérablement élargi le bassin des ses auteurs, de ses collaborateurs, de ses lecteurs. Son respect envers la psychanalyse s'est surtout illustré par le respect des voix différentes sur la scène psychanalytique, voix d'ici et d'ailleurs.
Universitaire chevronnée elle a fait carrière au Département de Psychologie de I'UQAM OÙ elle a donné le goût de la psychanalyse à de nombreux étudiants aujourd'hui praticiens de la psychanalyse, elle a œuvré en cabinet privé et son engagement envers la psychanalyse ne s'est jamais démenti. Femme libre, elle ne s'est jamais laissée enfermer dans aucune école, dans aucune controverse dont le milieu psychanalytique est parfois friand. Elle a donné à Filigrane son caractère ouvert, libre, profondément humaniste, loin de tous les cynismes et annonces lugubres de « la fin de la psychanalyse ». Elle a dit de Filigrane, « Ce fut l'une des grandes aventures de ma vie ».
Elle ignorait alors qu'une autre aventure, encore plus exigeante, l'attendait. C'est ainsi qu'Hélène Richard a qualifié sa vie et sa lutte avec et contre le cancer. Aventure ultime qui a duré 7 ans.
C'est à peu près au moment où elle prenait sa retraite de l'UQAM qu'elle a appris la « nouvelle ». C'est aussi le moment où je l'ai connue alors qu'elle sollicitait ma collaboration à la Revue. Ce fut le début d'une très belle et inspirante amitié. Je ne dirais pas qu'Hélène Richard a combattu le cancer