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La distinction entre l'idéologie comme discours spécifique de l'ensemble social ou d'un groupe particulier et les fonctions sociales et psychiques accomplies ou soutenues par un tel discours permet de spécifier la position idéologique, c'est-à-dire le rapport d'un sujet singulier ou d'un groupe à l'Idée toute-puissante qui tient lieu de principe de réalité, à l'Idéal qui fonde sa croyance et à l'Idole qui le protège et qu'il doit servir sans relâche ni doute. L'auteur prend appui sur la clinique de la cure individuelle et du travail psychanalytique avec des groupes dotés d'un dispositif structuré par les réquisits de la méthode psychanalytique. Il a ainsi qualifié la position idéologique d'un analysant par sa triple allégeance, de nature fondamentalement narcissique, à l'Idée, à l'Idéal et à l'Idole. Cette allégeance s'est manifestée dans sa soumission à la tyrannie des idéaux archaïques et à l'emprise de l'imago maternelle omnipotente et idéalisée, dans son besoin de structurer le monde externe en miroir de son monde interne, l'un et l'autre organisés par une causalité unique.
Dans les groupes, cette allégeance est soutenue par une alliance inconsciente défensive pour lier le groupe dans le recours à différents mécanismes de défense contre les angoisses archaïques, parmi lesquels prédominent le clivage, le déni et le désaveu. Ici encore une emprise tyrannique est recherchée et redoutée par les participants; elle est exercée par l'un d'entre eux, par le groupe dans son ensemble ou par une partie de celui-ci.
Ce texte a fait l'objet d'une Conférence publique à l'université de Montréal, le jeudi 8 novembre 2012, dans le cadre de l'Atelier clinique organisé par la Clinique psychanalytique de Montréal, les 8 et 9 novembre 2012.