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Ce texte se centrera sur le moment de la mise en place de la Clinique psychanalytique de Montréal. De ce moment fondateur on retiendra, avec René Kaës, son effet de production de mouvements transférentiels groupaux au sein de l'équipe clinique. On montrera également la répercussion des alliances inconscientes surdéterminées par l'histoire du projet et les conditions de son démarrage dans le processus des entrevues préliminaires. Une vignette de cas permettra d'illustrer la mise en jeu d'une alliance particulière dans la rencontre patient/co-thérapeutes, ainsi que la mise à jour d'une modalité nodale de la relation d'objet présentée par la patiente. Par-delà l'exemple spécifique traité, ce texte aura pour propos de fond la question des contenus et mouvements psychiques constitutifs d'une identité groupale (en l'occurrence l'identité psychanalytique et sa filiation), et leurs répercussions dans les institutions, les dispositifs de la cure et la théorie du cadre clinique.
Une première version de ce texte a été présentée au Congrès annuel de la Société Canadienne de psychanalyse, Vancouver, 7-8 juin 2013. Le texte qui avait été présenté lors de l'Atelier clinique de novembre 2012 a été publié dans la revue Filigrane, vol. 21, 2012, p. 55-70.
Je remercie tous mes collègues de l'équipe clinique pour leur contribution et leurs apports fructueux tout au long des années de travail partagé. Je remercie très personnellement Micheline Saint-Jean pour les nombreuses réflexions sur le dispositif mis en place à la Clinique et les élaborations faisant suite aux entrevues préliminaires menées, elle et moi, en équipe de co-thérapeutes. Le présent texte porte la trace de la richesse de nos échanges.