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L'art témoigne des évolutions sociétales et notre société contemporaine est en quête de sensations fortes, d'images extrêmes et de ce qui va interpeller la morale, susciter des affects par la démesure qu'elles mettent en œuvre. L'artiste exalte la violence, exhibe le corps organique et ses matières, voire expose le cadavre à des fins esthétiques. Comment, par ces stratégies-là de création, les artistes interrogent-ils ce qui fonde l'être humain, ce qui le fait corps, individu, sujet ? N'interrogent-ils pas également, contemporains des avancés technologiques, les nouveaux rapports au corps, de la médecine ? Nous donnerons l'exemple d'une forme de conservation contemporaine par la plastiline et la conception d'un cadavre esthétisé par l'anatomiste-artiste Gunther von Hagens. À partir de cet exemple de l'art des cadavres, nous nous interrogerons, aux confins de la médecine et de la création contemporaine, sur la manière dont le corps s'inscrit dans une logique économique et politique d'où émane un certain traitement du corps. Ne pourrions-nous pas parler d'une ère machinique trans-humaine ?