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Ce numéro spécial de la CJP/RCP propose un ensemble d'articles originaux sur le travail de Sándor Ferenczi. Le titre de cette introduction fait écho à celui de la prochaine Conférence internationale Sándor Ferenczi qui se tiendra à Toronto du 7 au 10 mai 20151. Héritage d'une théorie et d'une clinique, portant essentiellement sur la question du trauma et du travail psychanalytique avec les patients traumatisés, héritage d'une authentique «pensée clinique».
Ferenczi fut l'un des penseurs les plus innovateurs de l'histoire de la psychanalyse. Pionnier de la recherche sur les toutes premières relations du petit humain, il insiste sur le rôle de l'environnement sur le développement du sujet, sur l'interdépendance de l'inconscient de la mère et celui du jeune enfant et sur l'influence réciproque de l'esprit et du corps. Ses études cliniques jettent une lumière totalement originale sur la dynamique transféro-contre-transférentielle à l'œuvre dans le processus psychanalytique. Il projette également un éclairage nouveau sur la sensibilité précoce de l'enfant aux messages conscients et inconscients véhiculés par le contexte familial, culturel et socio-politique plus large.
Le concept de trauma représente l'axe principal de la réflexion de Ferenczi. Pour lui, le traumatisme résulte en premier lieu du choc des mouvements passionnels d'un adulte, qui impose ses demandes libidinales et sexuelles, sur la «tendresse» d'un enfant «innocent». Ferenczi soutient cependant que le véritable traumatisme vient du désaveu et de l'absence de réponse de l'environnement face à la souffrance de l'enfant. Les fixations traumatiques sont, pour Ferenczi, des émotions de nature contraignante en