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Entre 1929 et 1932 la psychanalyse a vécu une bifurcation théorique dont Sándor Ferenczi a été le promoteur. Son Journal clinique, publié seulement en 1985, en est le témoignage. Nous examinons ici, à la lumière de notre clinique d'aujourd'hui, les principaux moments de cette évolution et les concepts originaux qui en ressortent. Il y est question des positions passionnelles des parents par rapport à leurs enfants, dans une homéostasie du système familial. Le tabou de l'inceste est si puissant que dès qu'un enfant essaye de faire comprendre ce qui lui est arrivé, la réponse qu'il reçoit est un désaveu. Associé aux menaces de mort de la part de l'abuseur, le piège se referme sur l'enfant-victime. Les conséquences sont gravissimes avec syndromes dépressifs et répétitions d'une génération à l'autre. Des efforts thérapeutiques pour prendre en charge ces systèmes familiaux maltraitants sont mis au point au Centre des Buttes Chaumont sous la forme d'un cadre spécifique: la thérapie familiale de réseau.
Ce texte ici remanié a fait l'objet d'une première lecture en table ronde lors des Journées Internationales «Présence de Ferenczi», organisée par le comité de rédaction de la revue Coq Héron et la maison d'édition Érès, le 9 mars 2014, à Paris. Étaient présents à cette table nos collègues Michelle Moreau Ricaud, Laura Dethiville, Kathleen Kelley Lainé, ainsi que Thierry Bokanowski, Josette Garon et le Professeur André Haynal. (Judith Dupont, présente la veille, était absente ce matin-là.)