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Cet article se propose de rendre compte du vécu subjectif d'un sujet adulte amputé à l'adolescence suite à un accident traumatique de guerre. Onze entretiens cliniques semi-directifs ont été effectués et analysés à partir de principes psychanalytiques. Un test projectif a également été administré. Cette recherche a permis de faire ressortir combien l'absence réelle de tout « objet secourable » dans ce contexte de guerre a empêché ce sujet de pouvoir subjectiver cette expérience extrême. Contraint au silence absolu, il se retrouve dans une impasse, incapable de se reconstruire au niveau de son identité brisée suite à cet événement traumatique. Afin de survivre à cet accident, il s'ampute d'une partie de lui-même : ce qui lui permet de se protéger contre l’émergence d'affects pénibles et douloureux en lien avec la perte de son image du corps d'avant l'amputation subie. Mais cette coupure psychique, qui se manifeste à travers un douloureux conflit identitaire, l'empêche d'entamer un travail de deuil et de symboliser éventuellement cet événement traumatique. Dans le contexte qui l'entoure, l'investissement des chevaux constitue la meilleure façon qu'il ait pu trouver pour tenter de réparer la blessure narcissique reliée à l'amputation traumatique subie.