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Élisabeth Roudinesco est historienne de formation. Elle fait de la psychanalyse son champ privilégié de travail: l'Histoire de la psychanalyse en France (2 volumes), Dictionnaire de la psychanalyse (avec Michel Plon), une biographie de Jacques Lacan et divers écrits sur celui-ci, un dialogue avec Jacques Derrida, la question de la haine qu'affronte sans cesse la psychanalyse, Sigmund Freud en son temps et le nôtre, et d'autres ouvrages constituent ses principales publications. C'est dire combien elle sait manier les concepts psychanalytiques. Ses chroniques dans le journal Le Monde en portent aussi témoignage. Avec ce petit livre à couverture rose et bleue, elle quitte le vocabulaire savant et les tribunes de la conférencière pour s'adresser à son petit-fils et, à travers lui, aux curieux de la psychanalyse. Roudinesco mise, comme tant d'autres, sur la transmission de ce savoir particulier et, s'adressant à une nouvelle génération, elle espère ainsi faire rempart à tous ceux qui, depuis Freud, depuis plus d'un siècle, prédisent la mort de la psychanalyse. Elle ne fait pas tant une œuvre de vulgarisation qu'une introduction, une ouverture à cette réalité complexe et inquiétante qu'est le psychisme humain.
Le dialogue entre Roudinesco et son petit-fils part de l'inconscient comme concept princeps pour y adjoindre les notions importantes de l'édifice psychanalytique. En s'appropriant le mot inconscient qui existait bien avant lui, Freud en fera le noyau, le fondement de cette nouvelle science. Non repérable par les sens ou la technologie, l'inconscient doit être inféré à partir de ses effets ou de ses manifestations. Avec ses lois propres, ses processus et ses principes de fonctionnement, il est ce qui échappe à la raison, au contrôle, à l'emprise du moi. Par là, il est ce qui blesse la toute-puissance de la raison et de la conscience humaine. Il en marque les limites et, plus encore, il révèle les nombreux lieux d'illusion que l'humain en