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André aimait raconter. Pour bon nombre d'entre nous, c'est de sa bouche que nous avons appris l'histoire de «la naissance de la psychanalyse à Montréal»1 telle qu'il l'avait lui-même vécue, d'abord au Montreal Psychanalytic Club, une sorte de premier temps de ferveur non-institutionnelle. Il nous avait déjà raconté les étapes de la fondation de l'Institut de psychologie de l'Université de Montréal dont il avait été un des trois premiers étudiants et dont il est devenu plus tard un professeur titulaire responsable de l'enseignement de la théorie psychanalytique, principalement celle de Freud.
C'est à Londres qu'il entreprend une formation psychanalytique sous la gouverne bienveillante d'Anna Freud qui restera pour lui une inspiration jusqu'à la fin de sa vie. Sans compter son admiration pour Winnicott, son ancien superviseur.
Revenu à Montréal, il se joint au groupe fondateur bilingue de la Société canadienne où, pendant plusieurs années, il en sera le seul non médecin. Bien conscient de sa position d'exception, il ne tarde pas à faire valoir ses différences et à formuler avec vigueur ce qu'étaient à ses yeux les exigences de la pratique analytique. En 1969, il participe à la fondation de la SPM et de l'IPM, sections françaises de la SCP et de l'ICP.
André a toujours été un «homme de conviction», une tendance pas toujours facile à faire cohabiter avec le doute psychanalytique. Il aimait prendre parti et énoncer avec courage et clarté ce qu'il croyait devoir être dit. Il l'a fait tout au long de sa carrière professionnelle, tant localement qu'aux niveaux national et international. On se rappellera, par ailleurs, ses prises de position publiques déterminantes dans le champ socio-politico-culturel