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J'ai été fort attristé d'apprendre récemment le décès de notre cher Laurent. Je dois dire d'emblée que je n'étais pas de ses intimes, à l'encontre de certains collègues plus proches de lui, mais déjà décédés, qui auraient pu en parler davantage et de façon plus personnelle. Nos relations furent essentiellement professionnelles tout en étant très cordiales.
Je l'ai connu en 1969 lors de la fondation de la Société psychanalytique de Montréal dont les débuts furent difficiles. Nous faisions partie, lui et moi, de deux groupes opposés concernant surtout la formation des futurs psychanalystes. Laurent avait été formé à l'Institut canadien de psychanalyse par des ainés majoritairement formés en Grande-Bretagne. Je rentrais avec d'autres de France où j'avais fait ma formation à l'Institut de Paris. Les désaccords étaient profonds entre ceux formés selon le modèle anglo-américain et ceux qui l'avaient été selon le modèle français. Pour surmonter nos diversgences de vues, il fallut plusieurs années d'échanges laborieux sur ce qui relevait spécifiquement du psychanalytique.
Ce fut dans ce contexte peu favorable que j'ai appris à mieux connaître Laurent: un homme calme, réfléchi, bienveillant, jamais sectaire, très à l'écoute et ouvert, qui s'est peu à peu rallié à ce que nous souhaitions pour notre nouvelle Société et qui a fait qu'elle soit aujourd'hui parmi les plus dynamiques que je connaisse avec ses réunions scientifiques animées, ses très nombreux séminaires et sa revue. Laurent a joué un rôle majeur dans la réduction des tensions entre notre Société et notre Institut en proposant et obtenant la présence d'un représentant du Conseil de la Société aux réunions de la Commission de l'enseignement de l'Institut.
J'ai également trouvé en lui un collègue toujours désireux d'apprendre et de mieux faire. Il lisait beaucoup et était devenu familier des meilleurs auteurs américains, britanniques et français. Discret et réservé, il ne s'est jamais porté volontaire pour des fonctions