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Au moment d'évoquer mes souvenirs de Bernadette, il est un mot qui insiste: l'hospitalité.
D'abord au sens propre. À Saint-Vallier, son village natal où elle était retournée vivre il y a de cela une dizaine d'années, après avoir « émigré » un temps à Montréal, elle ouvrait sa maison à toute sa famille et ses amis. Cet accueil ne s'est pas limité à ses seuls proches, mais aura englobé la famille Tanguay élargie. Dès sa fondation, elle s'é-tait en effet impliquée dans l'Association des Familles Tanguay. Sa table, et son frigo toujours plein à craquer « au cas où… », étaient toujours prêts à recevoir les amis de passage dans sa région qu'elle prenait tant plaisir à faire connaître avec amour et humour. À son dire, nulle eau au Québec n'était aussi bonne que celle de Saint-Vallier, ni aucun sirop d'érable! Bernadette savait nous communiquer son attachement profond à son Québec, son fleuve, sa région, son village, guettant le matin dans le ciel « les fréquents matins brumeux de [son] village d'origine, le long du fleuve, toujours annonciateurs de journées resplendissantes », image qu'elle aimait évoquer, nous disait-elle, jusque dans sa propre analyse. Elle avait certainement fait siennes ces paroles de Felix Leclerc, artiste qu'elle aimait tant et qui est décédé, comme elle, un 8 août: « Je n'ai pas vu toutes les merveilles du monde, mais j'ai vu sûrement la plus belle et c'est mon pays ». À son retour à Saint-Vallier, elle y avait également ouvert un cabinet de consultation pour continuer d'y exercer le métier qui l'animait tant et d'y accueillir patients et supervisés.
Elle avait l'art de communiquer son expérience et d'en faire profiter son entourage d'une voix authentique, sincère et sensible. Comment ne pas souligner l'importance de l'influence de cette grande dame de la psychanalyse québécoise, d'un raffinement exquis, qui savait ouvrir son cœur et