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Les langues psychanalytiques coexistent en nous, souvent à notre insu. Source de discordes théoriques intérieures, elles œuvrent dans le sens de la délocalisation, du déplacement, voire du « démantèlement » (J.-B. Pontalis) de ce qui dans l'écoute de l'analyste risque toujours de s'immobiliser en un savoir univoque déjà constitué. N'est-ce pas grâce à cette constante vacillation théorique que l'analyste peut aborder l'effroi suscité par la chose inconsciente et s'emparer de l'écart entre ce qui lui est dit et ce qui lui est fait? À l'aide d'un exemple clinique et en se référant à diverses œuvres, l'auteur explore les voies de passage qu'ouvrent paradoxalement l'impossible traduction d'un langage théorique dans l'autre et le gain en incertitude qui en résulte.