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Alors que depuis plus de 18 mois la pandémie nous oblige à modifier considérablement notre pratique clinique, des réunions scientifiques, des congrès et des colloques ont dû être annulés. L'été dernier le monde psychanalytique de l'API s'était donné rendez-vous à Vancouver. Mais comme pour les autres réunions du genre, le congrès de l'Association psychanalytique internationale n'a pu se réaliser en présence.
Dans ce contexte, le monde scientifique a dû réinventer ses modes d'échange et de transmission, la psychanalyse n'y faisant pas exception. En plus d'une pratique clinique « à distance » ou « en ligne », les psychanalystes se sont tournés vers différents outils technologiques pour échanger entre eux, pour conserser la vitalité nécessaire à la pratique. Les colloques et congrès « à distance » ont permis au monde psychanalytique d'entretenir les échanges entre eux et paradoxalement ont peut-être permis d'entendre des voix psychanalytiques inhabituelles, venant d'autres pays, d'autres régions. Un mal pour un bien peut-être.
La pandémie, malgré la « découverte » des rencontres à distance aura peut-être aussi rappelé l'importance des revues psychanalytiques. La Revue canadienne de psychanalyse est depuis longtemps un carrefour linguistique et théorique. Encore une fois la Revue accueille des textes diversifiés provenant de France, d'Angleterre, d'Italie, d'Uruguay et du Canada. N'était-ce pas justement ce que souhaitait Eva Lester lors de la création de la Revue: qu'elle soit non seulement un carrefour des différentes cultures psychanalytiques canadiennes mais aussi des diverses influences psychanalytiques mondiales qui traverse la Société canadienne de psychanalyse ? Ce numéro de La Revue canadienne de psychanalyse présente donc des textes de François Sirois (« Totem et tabou: l'héritage phylogénétique »), de Gérard Bazalgette (« Le corps pulsionnel dans la création: simulacre et perversion »), de Jan Abram (« Sur le concept de traumatisme de Winnicott »)