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14 mars 1996, c'était le début du printemps sur Montréal. La chanteuse Céline Dion atteignait le Top 100 des chansons les plus populaires avec un Because you love me, le premier ministre Bernard Landry songeait à remettre le péage sur les autoroutes pour combler les énormes trous du budget de la province de Québec, un ex-scout avait fait un carnage dans une école élémentaire de Dunblane en Écosse à l'aide de quatre armes de poing tuant 16 enfants et une institutrice, La Presse posait une question d'opinion à ses lecteurs « Trouvez-vous normal que les chercheurs québécois en sciences (…) ne publient essentiellement qu'en anglais ? Et la Société psychanalytique de Montréal recevait Monsieur Daniel Widlöcher dans le cadre de ses conférences scientifiques du jeudi.
La communication de Monsieur Widlöcher s'intitulait : La règle d'abstinence aujourd'hui. Le prestigieux invité reprenait une conférence que Freud avait faite en 1918, à Budapest, « Voies nouvelles de la thérapeutique psychanalytique » qu'il trouvait alors « d'une brûlante actualité ». Je me rappelle d'avoir été intéressée par cette réflexion sur le bénéfice de la thérapie psychanalytique : permettre au patient d'acquérir une capacité de jouir plus librement des objets du monde, ce qui inspirait au patient le désir de guérir. La technique active de Ferenczi était aussi largement exposée et discutée à côté de la névrose de transfert, « paradigme unique de la psychanalyse », qui devait guider le maniement de l'abstinence et de l'interprétation. Il peut sembler, aujourd'hui, étonnant d'y retrouver aussi une discussion sur le nombre de séances par semaine, la crainte d'un
allègement du cadre de même que ce rappel « qu'avant d'être un traitement, la psychanalyse est une expérience humaine qui nécessite un profond engagement, tant de la part du patient que du psychanalyste. »
J'étais, à l'époque, secrétaire scientifique de la Société psychanalytique de Montréal. Je me souviens d'une soirée très animée d'échanges vi