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Fin des années 1970, pour la première fois, j'entends Daniel Widlöcher lors d'une conférence dans un hôpital psychiatrique de Lyon : le thème en est les rapports entre la prescription médicamenteuse et la psychothérapie, thème qui alors accueillait un vif conflit de générations entre les praticiens qui avaient connu l'arrivée des neuroleptiques vingt ans auparavant et une jeune génération qui ne jurait que dans une psychanalyse porteuse d'espoirs de changement en milieu asilaire. Pas de souvenir précis de cette soirée, si ce n'est que je mesure une qualité étonnante chez l'orateur, celle de pouvoir établir un dialogue entre des positions réputées opposées. Il était lui-même comme « l'interlocuteur impartial » qu'appelle Freud (1926) de ses vœux, celui qui essaye de concilier les tenants d'approches différentes et de favoriser un dialogue entre eux. Je ne savais pas que cette qualité, j'allais la retrouver tout au long d'autres rencontres sous la forme d'une prodigieuse appétence pour la conversation psychanalytique soutenue par une grande curiosité (Widlöcher, 1996).
Lyon, décembre 1983. « Évènement et psychopathologie » est un colloque universitaire organisé par Jean Guyotat. D. Widlöcher, avec Pierre Fedida présent lui aussi, apporte son expérience de psychanalyste pour comprendre la spécificité des répercussions consécutives aux traumatismes. Dans le public sont largement représentés des psychiatres et des médecins. Il est question de l'association libre qui fait découvrir des événements psychiques qui, devenus accessibles à la conscience, peuvent être traités grâce au transfert. La psychanalyse est à l'honneur, j'avais (presque) oublié que cela fût possible.