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Lorsque Hitler proclame: « Il y a deux choses qui peuvent unir les hommes: des idéaux communs et des crimes communs », on peut se demander ce qu'il advient de la fonction identificatoire nourrie des idéaux partagés quand rien ne la distingue du socle identificatoire alimenté par la criminalité partagée. Comment comprendre la combinaison de la barbarie et de la culture ? La haine nazie de la civilisation, explicite dans le projet de fonder la culture sans médiation sur la nature, s'est de tout temps appuyée sur les grandes œuvres dont l'Allemagne depuis des siècles se prévalait, tandis que l'état « concret » nazi, construit sur l'organicité du sang et de la race, instituait son pouvoir sous la forme d'un « national-esthétisme ». Qu'il paraisse scandaleux de parler de sublimation dans un tel cas ne peut nous dispenser d'examiner les voies empruntées par un tel déroutement des idéaux culturels.