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On pourrait résumer le parcours de la vie de Monique par ces paroles de Pierre Teilhard de Chardin: « Être d'abord. Aimer ensuite. Et finalement, adorer ».
Mes premiers contacts avec Monique remontent à 1990 lorsqu'elle m'avait invité à l'Hôpital Notre-Dame pour commenter des textes d'Otto et Paulina Kernberg centrés sur les phénomènes transférentiels intenses occasionnés par certains patients borderline. Elle voulait illustrer avec mon expérience analytique la possibilité et les difficultés variées à engager et mener à terme une approche psychanalytique avec des enfants et adolescents souvent très rébarbatifs.
Monique avait un don spécial pour détecter le potentiel de ses interlocuteurs; elle promouvait leurs talents personnels parfois à leur insu en leur proposant des défis et en leur offrant un grand support, générant ainsi chez ces individus courage et assurance.
Elle fut graduée comme psychanalyste d'adultes à la Société Psychanalytique de Montréal alors que moi j'ai étudié du côté anglais. Elle avait passé une année sabbatique en Angleterre en fréquentant les cliniques Tavistock et Hampstead qui proposaient à cette époque deux écoles de pensée à propos du développement psychique et des approches cliniques. Elle a terminé sa formation en psychanalyse d'enfant plus tard au Canada à la Quebec English.
Au fil des années j'ai appris graduellement à la connaitre. Elle était toujours bien présente mais discrète. Elle refusait de pavaner orgueilleusement son savoir mais était toujours prête à partager ses observations cliniques et ses questions quand cela s'y prêtait. Un jour en me préparant
assidument pour une conférence et craignant de ne pas avoir lu entièrement les textes elle m'a dit: « Ne sois pas si exigeant … le plus important est de se préparer à apprendre quelque chose de nouveau d'un collègue qui a pris tout ce temps pour travailler et d'honorer son courage à s'exposer. » Monique était appréciée de tous pour sa grande capacité et son inlassable effort d‘écou