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En 1923 Freud publie Le Moi et le Ça, qui complète en quelque sorte le grand tournant théorique amorcé avec Au-delà du principe de plaisir et Psychologie des masses et analyse du Moi. Cette révolution dans la révolution freudienne a inspiré nombre de psychanalystes et a suscité des débats qui restent actuels. Certains ont adopté ou adapté sa dernière théorie des pulsions, d'autres l'ont refusée. Cette introduction d'un nouvel inconscient « non représenté » en quête de représentation a stimulé la pensée créatrice de ses successeurs. En 2023 les auteurs psychanalytiques, explicitement ou implicitement, continuent et intègrent ce tournant de 1920 dans leurs travaux.
Le présent numéro de la Revue canadienne de psychanalytique ne fait pas exception et présente cet automne une belle récolte de textes et de réflexions dans lesquels s'inscrivent les témoignages foisonnants de différents lieux et différentes activités psychanalytiques.
François Sirois amorce le tout avec un texte sur le récit du rêve et son utilité dans la cure. Suit un exemple de travail psychanalytique sur une scène extérieure à celle de la cure-type avec une expérience particulière liée aux contes de fées menée par Lorraine Boucher auprès d'enfants en difficulté.
Inspiré par les kleiniens et les post-kleiniens, Michael Garcia présente un travail sur ce qu'il décrit comme les fonctions (p)maternelles et (m)paternelles dans lequel il utilise un tableau de Kandisky pour illustrer son propos. Les liens entre l'art et la psychanalyse se situent non seulement du côté de la création, mais aussi du côté du spectateur et de l'interprète.
Si Garcia s'appuie sur Kandinsky, Jean-Yves Tamet, revenant à la notion de co-pensée conçue par Daniel Widlöcher, porte son regard vers un tableau de Véronèse de la fin du XVIe siècle.
Un travail de réflexion théorique, nourri d'entretiens cliniques, sur le thème des fonctions du double et des impasses identitaires est ensuite présenté par Alexandre Côté-Rabel.
Enfin, bien ancrée dan