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Le 10 mai 1933, devant l'Université Humboldt de Berlin, là-même où Hegel a enseigné, les nazis, tout juste arrivés au pouvoir, brûlent 25 000 ouvrages de grands penseurs et d'écrivains, en majorité des juifs de langue allemande. Parmi eux, Karl Marx et Albert Einstein, mais aussi Sigmund Freud. Des actes similaires se multiplient dans les villes universitaires, à Hambourg, à Cologne ou à Bonn. Les nazis disent vouloir «purifier» la littérature allemande par un «nettoyage» (Säuberung) des livres par le feu. Freud réagit à cet autodafé par ces mots : «Quels progrès n'avons-nous pas faits! Au Moyen Âge, ils m'auraient brûlé vif; aujourd'hui, ils se contentent de brûler mes livres».
Et l'histoire se répète.
Chez nous, au Canada, en 2021 près de 5 000 livres jeunesse, incluant Tintin en Amérique et La Grande Traversée (adapté au cinéma sous le titre Astérix et les Indiens), ont été détruits et recyclés par les bibliothèques du Conseil scolaire catholique Providence, près de Toronto en Ontario.
Depuis janvier aux «Great Again» États-Unis d'Amérique, l'administration Trump a coupé la subvention de 400 millions de dollars à l'université Columbia. Elle a ordonné à ses agences et départements un retrait de tous les éléments évoquant les changements climatiques, les gaz à effet de serre, le développement durable ou encore la justice climatique. Depuis son investiture, Donald Trump a multiplié les annonces et les coupes drastiques dans les financements publics de la recherche, décrété le retrait de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et licencié des centaines d'employés des agences fédérales chargés des sciences de la santé. Les subventions de recherche sont charcutées dans tous les organismes subventionnaires.