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Cet article explore le rôle de la figuration du corps associée à des sensations et des mises en mots dans les problématiques addictives. Nous interrogeons le rapport aux sensations à partir du prototype du traumatisme de la naissance en tant que point de régression pathogène. Notre méthode étudie deux peintres marqués par l'addiction : Francis Bacon et Edvard Munch. Leur créativité donne à voir et à entendre les sensations dans leurs peintures par deux procédés très différents. Bacon et Munch se dégagent de l'angoisse des traumas en mettant sous tension le regard et la voix dans une figuration originale qui aboutit pour chacun à un acte de naissance par l'art. Ces bricolages singuliers invitent à penser la clinique sous transfert comme une mise en scène des sensations dans l'espace thérapeutique permettant au sujet addict de « voir » et d‘« être vu », et de se « dire » et d‘« être entendu » autrement.