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Cet article analyse la manière dont la langue naturelle contribue à la structuration du conflit psychique dans le cadre de la pratique analytique contemporaine. À travers l’étude de trois vignettes cliniques éclairées par la théorie moderne du conflit de Charles Brenner et la conception du langage comme formation de compromis formulée par Jeffrey Jackson, il est démontré que la langue maternelle et les langues étrangères ne sauraient être réduites à de simples vecteurs de communication : elles constituent de véritables matrices actives, organisant les modalités défensives, les compromis psychiques et les configurations transférentielles. L'analyse suggère que ce qui importe le plus, pour la pratique clinique, ce n'est pas l'opposition abstraite « langue maternelle versus langue étrangère », mais l'histoire propre à chaque individu avec chacune de ses langues et la charge inconsciente qu'il leur attribue. Il en découle que la configuration linguistique de la cure devient un véritable outil technique du travail analytique sur la résistance, le transfert et l'accès au matériel refoulé, particulièrement dans un contexte de mobilité internationale accrue.