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Ce livre écrit par un disciple de Durkheim ne fait pas allusion aux théories de Freud mais il présente cependant un grand intérêt
pour les psychoanalystes. Les Chinois, en effet, se sont toujours servis de symboles. Les commentateurs de leurs vieux livres sacrés ont donné des interprétations multiples au travers des siècles des différentes chansons et légendes sacrées. Il n'est pas jusqu'aux caractères de leur écriture qui soient surdéterminés, tant ces caractères ont eu de significations successives. C'est pourquoi le folk-lore chinois présente un intérêt si particulier pour les psychoanalystes.
On pourrait considérer au moins deux phases dans la symbolisation des chansons chinoises. Une première, dans laquelle les symboles représentent certains désirs, ou certains complexes de leurs auteurs. Puis une deuxième phase, ou phase de rationalisation, dans laquelle les commentateurs essaient de tirer une doctrine morale de ces symboles. L'ouvrage de M. Granet fait bien ressortir ces deux étapes à propos des chansons et des fêtes de l'ancienne Chine. M. G. fait remarquer que si ces poésies avaient été écrites directement dans le but de moraliser, elles auraient été composées par des lettrés. Or, tout tend à prouver qu'il s'agit de chansons populaires et non de chansons d'érudits. Elles ont toutes, en effet, un caractère d'impersonnalité. Il n'y a point de héros dans ces chansons d'amour. Quant aux images poétiques elles sont toujours de nature rustique. Au point de vue de la forme, les vers sont écrits avec symétrie, et souvent en manière d'interrogations et de réponses. M. G. croit pouvoir en conclure que ces chansons ont été composées pour les danses des fêtes champêtres.
Le rythme de ces vers, et les modifications légères que l'on trouve d'un auteur à l'autre, tendraient même à prouver qu'ils ont été créés spontanément au cours des danses paysannes. Pendant longtemps on n'a voulu voir dans les fêtes champêtres qu'une glorification du printemps et de l'au