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Le sentiment religieux se retrouve avec toutes ses variétés chez l'enfant déjà. Il est donc un fait original où l'imitation du milieu ambiant ne joue pas de rôle.
L'auteur énumère quelques unes des théories qui ont été proposées pour expliquer ce sentiment:
La théorie "érotogénétique" de Binet-Sanglé et de Schroeder, notoirement hostile au Christianisme, d'après laquelle la volupté sexuelle et l'émotion religieuse sont identiques.
James, dans un chapitre de l'Expérience religieuse (1902), montre l'insuffisance de cette théorie. Mais la solution qu'il propose est, elle aussi, insuffisante.
Stanley Hall constate des concordances entre l'évolution de la religion individuelle et celle des émotions relatives à l'autre sexe.
Flournoy, enfin, et la psychanalyse, renouvellent entièrement le problème avec la notion de la "sublimation".
Mais pour l'auteur la solution n'est pas définitive encore. Par laquelle de ses fonctions — amour filial, amour conjugal, amour parental — l'amour humain s'apparente-t-il à l'amour divin? C'est par l'amour filial, ainsi que celà est condensé dans l'expression courante piété filiale.
Dans la phase infantile la toute-science, la toute-puissance, la toute-bonté sont attribuées aux parents. Or vers la cinquième ou sixième année une crise de rationalisme se produit: L'omniscience paternelle s'effondre dans l'esprit de l'enfant; la toute-puissance parentale se trouve entamée, la toute-bonté également, par le fait de la comparaison. L'auteur donne quelques documents intéressants relatifs à cette crise.