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Dans cet ouvrage, qui contient une masse énorme de recherches et de références, l'auteur étudie l'évolution de certains rites sacrificatoires des temps les plus reculés où des traces sensibles nous en ont été conservées, jusque dans les religions les plus raffinées, en passant par les rites rudimentaires des Aruntas et de naturels australiens actuels.
M. Loisy donne à l'action rituelle du sacrifice le sens de "destruction d'un objet sensible doué de vie ou qui est censé contenir de la vie, moyennant laquelle on a pensé influencer les forces invisibles, soit pour se dérober à leur atteinte, lorsqu'on les suppose nuisibles ou dangereuses, soit afin de promouvoir leur oeuvre, de leur procurer satisfation et hommage, d'entrer en communication ou même en communion avec elles."
M. Loisy découvre à l'origine du sacrifice rituel deux éléments étroitement associés: L'élément magique, par lequel on veut agir mécaniquement sur les forces invisibles, et en tirer un profit quelconque, et l'élément plutôt religieux par le moyen duquel on cherche à fléchir, à exploiter, ou tout au moins à influencer dans un sens favorable une ou des personnalités surhumaines.
Lequel de ces deux éléments est primitif? M. Loisy n'affirme rien de façon trop absolue, car ces deux éléments, si loin que l'on remonte en arrière, n'apparaissent jamais entièrement isolés. Toutefois l'auteur note qu'à mesure que les cultes s'organisent et évoluent, l'élément de magie diminue et celui de la religion augmente, et un élément de plus en plus moral finit par s'ajouter à l'élément magique, et le transforme peu à peu. Mais il ne faudrait pas se figurer que l'élément magique fasse jamais entièrement défaut dans le sacrifice.
M. Loisy voit dans le sacrifice rituel "un effort confus, coûteux, douloureux et vain pour acheter le libre usage des choses de ce monde, pour acheter la prospérité des nations, pour acheter l'immortalité bienheureuse."
En dehors des effets magiques, c'est-à-dire purement fictifs, M. Loisy ad