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Les courriers de Freud à Fließ, Jung, Ferenczi, Andréa-Salomé, Pfister et Weiss, ainsi que ce qu'on découvre à la lecture des récits dev leur cure de certains de ses patients, permettent de saisir qu'il y eut chez Freud une évolution continue sur la question de l'idée de guérison. Dans la période pré-analytique, l'important était pour lui de faire découvrir au sujet malade ce qu'il avait oublié de ses traumatismes infantiles. La conviction était qu'ipso facto le succès thérapeutique s'en suivrait: c'était l'époque de la « Trauma-deutung » (l'interprétation du trauma), avant que celle-ci laisse la place à partir de 1897 à la Traumdeutung, l'interprétation des rêves.
L‘évolution de la technique de Freud, alla de l'hypnose, de la suggestion, à la découverte de la magie des mots (cf. 1891, La conception des aphasies). La méthode cathartique mise au point par Breuer fut associée pour la première fois en 1896 au terme de « psychanalyse » : dans celle-ci la guérison (Heilung ou Genesung) était le résultat d'une libération d'un affect coincé avec sa décharge concomitante (abréaction). La technique de l'association libre apparut avec Dora en 1899-1900 (publiée en ) pour progressivement aller vers une technique qui ne se centra plus sur le symptôme à guérir, ce qui apparut clairement avec L'Homme aux rats en 1907. Avant cette date, force est de constater pour Freud que le sujet se comportait souvent comme s'il n'avait rien appris de nouveau, voire comme s'il n'avait tiré que peu de bénéfices, ou alors un bénéfice peu durable de l‘évocation d'un souvenir refoulé.
Ce furent ces échecs ou demi-échecs qui permirent à Freud de comprendre que la guérison, et ce qu'il dénomma en 1922 « le travail de guérison », réside moins dans une nouvelle connaissance que dans le fait de vaincre les résistances qui soustendent le refoulement des souvenirs et qui émergent du travail analytique lui-même comme «autre bout» du transfert, -ce que Freud avait repéré dès 1899 dans l'Interprétation des rêves : « Tout ce qui vient perturber la poursuite du travail est une résistance »(Freud S. [1900], 2004, p. 5691), remarque qui fait l'objet d'une note ajoutée en 1925, précisant la signification de cet ajout, celle « d'une règle technique d'un rappel pour l'analyste ».