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Dans l'Institution psychiatrique, l'acte sexuel est frappé d'interdit, a fortiori lorsqu'il concerne des patients âgés atteints de démence, tant il porte atteinte aux règles de bienséance procédant d'un discours moralisateur. Pourtant, une question s'impose : au-delà de l'approche biomédicale qui règne actuellement sur l'explication de la démence sénile, qu'en est-il des effets de la répression de l'acte sexuel sur la symptomatologie du patient dément ? L'exploration psychanalytique de la situation institutionnelle décrite ici révèle que la revendication sexuelle du patient dément n'est pas dénuée de sens, mais qu'elle constitue une modalité défensive en regard du retour d'une ancienne menace de castration. Sa répression, au moyen de pratiques qui entravent la libido dans sa quête d'objet, renforcerait le processus démentiel en sollicitant une régression vers des stades antérieurs du développement. Plus généralement, les auteurs défendent l'idée selon laquelle des processus dynamiques de caractère inconscient joueraient un rôle prépondérant dans le développement de la démence sénile. Ils révèlent le fait que la psychanalyse constitue une méthode indispensable à sa compréhension et prônent une remise en question de l'hégémonie du modèle biomédical et de son arsenal thérapeutique dans ce contexte.