You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
To comment on IJP Open, you have automatically been assigned a Disqus profile. You can view and contribute to article discussions by clicking on the Discuss icon located in the left toolbar.
Le 22 juillet 2011, en plein milieu d'une journée estivale, la capitale Norvégienne, Oslo, fut le théâtre de deux attentats qui coutèrent la vie à 77 personnes, fit des dizaines de blessés, endeuilla des milliers de personnes et provoqua un traumatisme national.
Arrêté sans résistance, le Norvégien Anders Behring Breivik, alors âgé de 32 ans, reconnaissait immédiatement être l'auteur des actes criminels. Après avoir posé une bombe qu'il avait fabriquée luimême près d'un immeuble du gouvernement en centre ville, il s'tait rendu sur l'île d'Ut⊘ya où il avait ouvert le feu sur une foule de jeunes gens venus à un rassemblement du parti travailliste de Norvège. A l'issu d'une procédure qui fit appel à deux rapports d'expertise psychiatrique aux résultats contradictoires, et dura plus de 4 mois, Breivik fut reconnu coupable et condamné à 21 ans de prison.
Lors de ce procès comme dans les entretiens avec la police ou les experts psychiatres, Breivik présenta les attentats comme des actes horribles qui lui furent difficiles à commettre mais nécessaires et dans lesquels il avait pris le risque de mourir pour sauver son peuple. C'est cette partie de la pensée de Breivik, sa conviction d'être un martyr de l'Occident chrétien par laquelle il justifie son action terroriste que je propose d'étudier ici, en suivant le fil des associations de Breivik et en tenant compte de ce que nous savons de son développement affectif et relationnel.
Dans l'étude qui va suivre, je me réfère essentiellement au texte nommé « compendium » et écrit par Breivik en anglais (Breivik 2011). D'autre part j'utilise les propos de Breivik recueillis par les policiers et les experts psychiatres et les témoignages le concernant restitués dans les deux rapports d'expertise; celui de Torgeir Husby et Synne S⊘rheim (PR 1) remis à la cour le 29 novembre 2011 et celui de Terje T⊘rrissen et Agnar Aspaas (PR 2) du 10 avril 2012. Je me réfère aussi aux Trial Transcripts (TT), minutes du procès traduites en anglais, notamment pour confronter les dires de Breivik à l'avancée de l'enquête de police. L'ensemble de ces sources a été mis en ligne(1).
On 22 July 2011, the Norwegian Anders Behring Breivik carried out two attacks in Oslo that cost the lives of 77 people, injured many others, and plunged the entire Norwegian nation into mourning. When he was arrested, Breivik presented himself as a member of the Knights Templar, whose mission is to defend the Christian Western world. He considers that he has sacrificed himself by his actions for his people and says that he has prepared himself for martyrdom. In analysing Breivik's words and writings, this article attempts to identify the thought mechanisms involved in Breivik's megalomania and martyrology. It highlights the importance of a mechanism of “return to the sender”, whereby Breivik returns the reproaches directed at him by an agency of judgement (ego ideal or superegoic object), while emphasising the existence of a “burning desire” and yearning (Sehnsucht) for this same persecuting superegoic object, an object that Breivik constantly wants to find again, even if in death. Taking into consideration Searles' hypothesis that the sense of being persecuted is a defence against the impossibility of mourning, and also H. Blum's hypothesis according to which persecutory feelings are indicative of fears of a “regressive loss of object constancy”, the different psychic mechanisms and modes of functioning underlying Breivik's terrorist determination are related here to what we know about his affective development and infantile relationships.