You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
To comment on IJP Open, you have automatically been assigned a Disqus profile. You can view and contribute to article discussions by clicking on the Discuss icon located in the left toolbar.
La montée des fondamentalismes et des attaques terroristes islamistes donne en ce moment de la fièvre au monde occidental. Une hypothèse strictement psychanalytique pourrait rendre compte d'une partie de ce phénomène socio-politique. L'auteur s'appuie sur les théories du premier Bion pour cerner le fonctionnement psychique des jeunes radicalisés qui rejoignent le Jihâd. Quelque soit leur extraction sociale, ces recrues se caractérisent peu ou prou par un trouble identitaire narcissique. W. R. Bion nomme les impressions sensorielles qui ne sont pas intégrées «éléments bêta» et «écran-bêta» l'accumulation de ces émotions brutes qui ne cherchent pas qu'à s'évacuer mais aussi à se lier. L'«écran-bêta» génère tantôt une hallucinose, tantôt une confusion mentale, toutes deux défensives d'angoisses d'annihilation. C'est surtout dans ce deuxième cas que leur évacuation par identification projective pathologique échoue même à soulager les sujets dont l'esprit sature d'éléments bêta. Une idéologie sectaire de type Etat Islamique peut offrir une solution attrayante à ses états confusionnels sous forme de contenant d'écrans-bêta, quitte à attiser des passions identitaires. C'est la fonction β proposée par l'auteur, une fonction de liaison rassemblant des appareils psychiques gouvernés par la déliaison. Contrairement à la fonction α, la fonction β ressortit au fonctionnement de groupe et sert la pulsion de destruction.