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Le syndrome de Diogène demeure une notion cliniquement utile, mais nosographiquement instable. À partir du cas de Nestor, cet article examine les mécanismes psychiques du retrait, de l'incurie, de l'altération du logement, de l'atteinte du corps et du refus d'aide. Le matériel clinique montre que le refus ne relève pas seulement d'une opposition au soin ou d'une absence de besoin. Il constitue une modalité défensive de maintien du lien à distance, dans un contexte de vulnérabilité narcissique majeure, de honte et de menace d'exposition. Chez Nestor, les défenses semblent protéger un noyau narcissique fragilisé, tout en faisant souffrir le moi : le logement protège mais enferme, le corps s'anesthésie mais se coupe du vivant, le refus d'aide préserve une maîtrise minimale mais limite l'accès à un environnement secourable. L'analyse met en évidence le rôle d'une écologie de médiations ordinaires dans la transformation progressive du cadre relationnel. La fenêtre, le téléphone, la boîte aux lettres, l'animal, les courses, les vêtements, les chaussures ou encore le magasin constituent autant de supports intermédiaires, à partir desquels la présence de l'autre peut être éprouvée sans être immédiatement vécue comme effractante. Le soin devient possible lorsque cette présence peut d'abord être tolérée, puis partiellement utilisée.