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D'après Rignano l'état de sommeil, et par suite le rěve, seraient dépourvus de toute affectivité. „Le sommeil naturel“, dit-il, „est du à la suspension de toute activité affective de l'âme“. L'auteur pense que c'est pour cela que nous conservons si peu le souvenir de nos rěves. Le
fait que nos rěves ne nous surprennent pas par leur incohérence, et que leurs personnages sont dépourvus de tout sens moral doit encore ětre attribué à ce que R. appelle „l'anaffectivité du rěve“. Mais comment alors expliquer les états ěmotifs souvent violents que nous ressentons dans certains rěves? Ce seraient des troubles physiologiques qui les provoqueraient, et là, R. demande que l'on distingue les états émotifs des états affectifs. Les premiers, seuls, se rencontreraient dans nos rěves.
Passant ensuite à la pathologie mentale R. distingue: 1. Les monomanes qui sont encore cohérents, mais dont l'affectivité est concentrée sur un seul objet. 2. Les maniaques, qui ont une incohérence due à un déséquilibre affectif. 3. Les déments et les confus ou l'incohérence est complète parceque leur déchéance affective est progressive. La pensée dans le rěve ressemblerait à la pensée du confus; elle serait à la fois incohérente et anaffective.
R. de Saussure, Genève