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“Quelquefois, ce n'est pas ce que l'on désirerait le plus que l'on voudrait, mais le contraire, la privation de ce que l'on désire le plus”.
La séance que nous allons rapporter est isolée de la psychothérapie d'une petite fille de quatre ans et demi, effectuée par une jeune psychologue. Ce cas fait l'objet d'une discussion hebdomadaire dans un groupe de supervision.
Nathalie est venue à la consultation pour un retard important du langage: elle bredouille comme un enfant de deux ans. Elle a été et est encore anorexique, de manière fluctuante. Sa mère se plaint beaucoup d'elle. C'est une femme bizarre et très compliquée qui entretient depuis son mariage (et dès avant) une relation amoureuse avec un homme plus âgé, à l'insu de son mari mais avec la complicité - évidemment tacite - de sa fille. Un peu avant la séance qui va être relatée, elle avait perdu a quelques mois de grossesse un enfant qui, comme Nathalie, est de son mari (elle tient avec un très grand souci à ce qu'il n'y ait aucun doute sur l'attribution de la paternité à son mari).
Tout le début de la thérapie (environ un an) était marqué à nos yeux par les caractéristiques suivantes: Nathalie était toute en actions, assez pauvres, répétitives; la signification de ces actions nous restait mystérieuse et nous avions évoqué une absence de vie fantasmatique. Avaient été retenus: un goût prononcé d'aller se coucher dans des paniers à jeux trop petits pour elle ainsi qu'une façon particulière et insistante de chercher et de réclamer des objets, comme quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il veut ou qui cherche quelque chose de perdu. Ce comportement était présent avant la fausse couche de sa mère. L'enfant réclamait également des “chiques”, ce à quoi sa thérapeute avait répondu en lui offrant d'en dessiner; Nathalie s'était accommodée de cette solution mais continuait ses réclamations.
Nathalie, comme à l'habitude, entre dans le bureau et se met à réclamer: “et mon auto”. Elle la cherche, la trouve et la jett