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A propos de “L'expérience de la peau dans les relations objectales précoces” d'Esther Bick.
La notoriété de cet article compact et riche d'Esther Bick est grande. Paru il y a quatorze ans dans l'International Journal of Psycho-Analysis, il n'a, à ma connaissance, jamais encore fait l'objet d'une traduction en français.
Meltzer (1975) lui attribue une importance égale à celle qu'il accorde à l'article de Mélanie Klein dans lequel cette dernière introduit le concept d'identification projective (“Notes sur quelques mécanismes schizoïdes”, ) et se rallie à l'opinion de l'auteur: l'expérience de la peau, comme contenant premier, est préalable au clivage kleinien et requise pour que ce clivage puisse s'instaurer.
On trouvera dans un article récent de Bégoin (1979) un commentaire en français au sujet de cette rencontre entre une réflexion sur la peau (E. Bick) et une autre sur l'autisme (Meltzer). L'article est très court mais sa densité se mesure notamment à la multiplicité des références cliniques et théoriques qu'il donne l'occasion au lecteur de recenser sous un nouveau point de vue: l'opposition entre non-intégration et désintégration, les angoisses catastrophiques, l'espace interne, l'opposition entre peau primaire et peau secondaire.
Non-intégration/désintégration.
Plusieurs auteurs ont senti de manière analogue la nécessité d'établir une distinction entre les états pathologiques. Pensons à Balint (régressions bénignes/régressions malignes), à Winnicott (agonies-états informes/vide contrôlé de manière défensive), à Masud Khan.
Pensons à notre appréhension, parfois exprimée par le patient lui-même; nous, ou lui, ou ensemble, nous redoutons que l'analyse ne le “déstructure”. La notion de déstructuration est parfois une référence judicieuse sur le plan clinique même si son bagage métapsychologique est mince (quand nous parlons de “déstructuration”, n'envisageons-nous pas plutôt le danger d'une rencontre inopinée avec une absence de “structuration” que celui d'une régression?