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L'exercice de la psychanalyse nous entraîne à débusquer les transformations innombrables et masquées de ces pulsions dont les destins tissent la trame de notre vie psychique. Nous avons appris, après Freud, à rechercher les traces des mouvements libidinaux dont il a décrit les étapes au cours du développement de l'être humain.
Si cette grille conceptuelle éclaire remarquablement notre écoute des patients les plus “névrotiques”, elle nous laisse passablement démunis devant bien d'autres analysants pour lesquels la référence à un “stade” libidinal rend fort mal compte du fonctionnement mental.
Une évaluation nouvelle du point de vue économique en psychanalyse, et plus précisément une réflexion sur les concepts de pulsion et de désir nous paraît nécessaire.
Excitation-pulsion-désir: trois termes clefs dans l'expression du point de vue économique en psychanalyse. Si nous comprenons à peu près comment s'articulent les notions d'excitation et de pulsion (voir Trois essais - Pulsions et destin des pulsions), le désir semble opérer sur une voie parallèle. J'ai cherché en vain dans le Vocabulaire de Laplanche et Pontalis une explication de la relation pulsion-désir. Pourtant les trois termes sont présents dans le 7ème chapitre de l'interprétation des rêves.
L'excitation, notion neurophysiologique, apparaît dès “l'Esquisse”. La tentative de Freud d'articuler le psychique et le somatique débouche sur la conception de l'appareil psychique comme machine à maîtriser les excitations, conception qui restera présente dans toute son oeuvre.
Dans le premier des “Trois essais”, Freud définit la pulsion comme “le représentant psychique d'une source continue d'excitation provenant de l'intérieur de l'organisme, que nous différencions de “l'excitation” extérieure et discontinue. La pulsion est donc à la limite des domaines psychique et physique.
La même définition est reprise dans l'essai de 1915 (Pulsions et destin des pulsions) où Freud formalise le concept de pulsion: “Si, en nous plaçant d'