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Depuis l'observation du petit Hans par laquelle Freud a inauguré la psychanalyse d'enfants, il n'a plus guère été question, à ma connaissance, d'un père jouant un rôle actif dans la cure de son fils.
J'ai eu l'occasion de traiter un garçon de quatre ans dont le développement avait été gravement troublé, en présence de son père, du moins pendant les premiers mois. Les implications de cette présence du père ont suscité des réflexions au sujet de certains problèmes de la cure analytique en général, tant chez l'adulte que chez l'enfant.
Nous sommes souvent confrontés à la difficulté d'aborder les conflits liés à l'imago maternelle archaique phallique. Dans les analyses d'adultes, l'élaboration de cette représentation et des affects qui y sont liés ne peut se faire qu'au cours d'un long travail dans la relation transférentielle. Il faut pouvoir donner forme à une bonne mère imaginaire, ou à un bon père, pour affronter la représentation d'une mère archaique toute puissante et menaçante et en atténuer le potentiel destructeur. Ce travail interprétatif demande une capacité suffisante de créer des représentations symboliques figurant et contenant à la fois les traces d'expériences affectives archaiques. Nous savons bien que si ces vécus primitifs ont été trop pénibles, la mentalisation s'en trouve souvent entravée: nous sommes en-dessous des conditions de figurabilité d'une imago maternelle archaique trop traumatisante pour être repérable, que nous aurons à construire patiemment par le travail analytique. Cela peut faire des analyses fort longues, parfois à jamais inachevables.
Chez l'enfant jeune, l'obstacle peut être immédiat: un conflit primaire envahissant balaie toute possibilité d'élaboration symbolique. Dans la relation thérapeutique, la projection du mauvais objet est d'une intensité telle qu'aucun recul n'est possible. Nous pouvons buter d'emblée sur une impasse thérapeutique.
Dans le cas que je vais exposer, la présence du père réel au début de la psychothérapie a perm