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Rares sont les écrits psychanalytiques qui abordent l'étude du geste suicidaire en tant que tel. Ceci peut se comprendre: il serait erroné de privilégier une conduite manifeste qui est l'aboutissement de processus psychiques trés différents chez des structures de personnalités tout aussi différentes.
Dans “Deuil et Mélancolie”, Freud (1915) fera bien sûr allusion au suicide et élaborera le modèle explicatif bien connu du suicide du mélancolique; mais il ne parait pas que ce modèle puisse servir à rendre compte de l'entièretè des conduites suicidaires et ce n'était d'ailleurs pas là le but poursuivi par l'auteur.
Freud (1920) réabordera encore le problème de la tentative de suicide d'un point de vue quelque peu différent. Dans “Psychogénèse d'un cas d'homosexualité féminine”, il présente la tentative de suicide comme un symptôme, avec toutes les caractéristiques liées à celui-ci: accomplissement du désir inconscient, compromis et surdétermination.
Grunberger (1971), à propos du suicide du mélancolique, insistera sur la dimension du narcissisme incluse dans le mouvement suicidaire.
Dans un article récent, Rolland et Quenard (1981) font appel à la notion “d'etayage à rebours” pour expliquer la tentative de suicide, indiquant par là un renversement de la relation entre les pulsions d'auto-conservation et les pulsions sexuelles. Ils considèrent que “le désir inconscient, à la faveur de certaines circonstances et spécialement des déceptions, prend le pouvoir; il modifie l'organisation de la personnalité et transfère à certaines instances l'énergie psychique qui était investie dans d'autres instances”. Pour ces auteurs, la “finalité dernière de l'acte suicidaire” consiste à “mettre fin au conflit qui oppose le désir inconscient refoulé au reste de la personnalité”.
Le modèle proposé par Freud reste certes entièrement valable pour les suicides et tentatives de suicide des états mélancoliques et dépressifs. Mais il rend mal compte de certaines conduites suicidaires et éclaire peu