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La correspondance entre Sandor FERENCZI et Georg GRODDECK s'étend sur douze années, de 1921 à 1933, date de la mort de FERENCZI. GRODDECK mourra l'année suivante.
On attendait avec impatience la publication de cet échange de lettres entre “l'enfant terrible de la psychanalyse” et “le psychanalyste sauvage”. On pouvait espérer que des éléments inédits surgiraient qui enrichiraient l'histoire de la psychanalyse.
Au total, il faut déchanter. Rien ne se révèle de vraiment neuf.
Sans doute l'intérêt de cette correspondance est-il mitigé du fait que seules trois lettres de GRODDECK ont échappé à la destruction. C'est assez toutefois pour se faire une idée des positions et du style de GRODDECK tant dans sa relation particulière avec FERENCZI que dans ses rapports à la psychanalyse en général.
Les deux amis avaient en commun une imagination débordante qui les entraînait aux spéculations les plus fantaisistes.
L'un et l'autre mettaient également le souci thérapeutique au premier plan.
Mais tandis que GRODDECK, poète dans l'âme, se refuse à hiérarchiser le savoir, cultivant les métaphores pour leur aptitude supposée à mobiliser les puissances obscures du Ca, FERENCZI est possédé par le démon de la systématisation, avec une propension à fabriquer, comme Otto RANK, des mythes bioana-lytiques.
Les quelques allusions que FERENCZI fait aux opinions de FREUD concernant la manière de penser et d'agir de GRODDECK, valent tout autant et même davantage pour FERENCZI lui-même.
Elles confirment ce qu'en dit GRANOFF dans “Filiations” (Paris, Editions de Minuit, ), à savoir que FREUD, très tolérant en matière de théorie, acceptant les points de vue les plus ésotériques, était absolument intransigeant sur les questions de doctrine: la règle fondamentale, tout dire, ne rien faire, associations libres et abstinence, un point c'est tout!