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Les travaux consacrés aux psychoses infantiles sont évidemment très nombreux, surtout depuis les années 50; les expériences thérapeutiques à temps partiel (Hôpitaux de Jour, Unités du Soir et autres) se sont par ailleurs multipliées au cours de ces deux dernières décennies.
Je me propose ici de communiquer quelques réflexions, à partir de mon expérience de plusieurs années en Hôpital de Jour (*) pour jeunes enfants psychotiques, astructurés et dysharmoniques graves.
Leurs dysfonctionnements psychopathologiques profonds sont une source d'enseignements—sur les plans clinique et théorique—dans la mesure même où ils posent d'innombrables problèmes. Les échecs ou les impasses thérapeutiques nous rappellent nos limites, mais ces expériences douloureuses doivent être repensées dans la vaste toile de fond qui englobe les évolutions plus favorables.
Après avoir très brièvement situé le cadre et le fonctionnement de l'Hôpital de Jour, je présenterai trois illustrations cliniques; dans une seconde partie, je tenterai quelques considérations théoriques à partir, d'une part, de l'un ou l'autre aspect du fonctionnement de l'équipe; d'autre part, de certaines caractéristiques des environnements familiaux, pour en arriver à quelques hypothèses au sujet des enfants, essentiellement sous l'angle des désirs et des pulsions de vie d'un côté, des pulsions de mort et des forces désintégratives de l'autre.
L'Hôpital de Jour de Marcinelle-Charleroi, ouvert depuis septembre 1976, traite une trentaine de jeunes enfants psychotiques, astructurés ou gravement dysharmoniques, admis entre l'âge de 18 mois et de 5 ans; la plupart des enfants quittent l'Hôpital de Jour au plus tard vers 8-9 ans; la durée de leur séjour varie de deux ans (ce qui est rare) à quatre—cinq ans.