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Le présent travail se propose de cerner le mode de fonctionnement des parties “bébé” de la personnalité. Ma tentative s'inscrit dans la perspective des recherches de Meltzer qui ont permis de distinguer la partie adulte de la personnalité - qui utilise l'identification introjective - et les parties infantiles - recourant à l'identification projective. Différentes analyses m'ont confrontées à un autre type de fonctionnement mental plus archaïque, auquel correspond le fantasme du bébé.
De même que Meltzer distingue, dans les parties infantiles, des processus mentaux “sains” et des processus mentaux “pervers”, il me semble utile de discerner deux types de fonctionnement des parties bébé de la personnalité: le fonctionnement de la “bonne” partie bébé qui promeut l'évolution psychique et celui de la “mauvaise” partie bébé qui apparaît comme un pervertissement précoce compromettant le développement psychique et posant les fondements de la psychose.
Pour simplifier, je parlerai dorénavant de la partie bébé en référence à la “bonne” partie bébé et de la partie psychotique en tant que “mauvaise” partie bébé de la personnalité.
Comme illustration, je me baserai essentiellement sur le matériel analytique d'une patiente prénommée Sarah.
Agée d'une vingtaine d'années lorsqu'elle vient me consulter, cette patiente poursuivra l'analyse pendant vingt-trois mois. Elle a déjà un long passé analytique. Son précédent traitement a pris fin dans des conditions traumatisantes. Peu avant de me voir, Sarah a fait une sévère tentative de suicide et un épisode psychotique aigu.
Elle se présente à moi dans un état d'angoisse qui entrave l'expression. Malgré les neuroleptiques, elle a des bouffées d'angoisse paroxystiques qui lui donnent envie de se jeter par la fenêtre et de s'arracher la peau. En outre, elle est constamment envahie par des hallucinations visuelles et auditives.
Au deuxième entretien, elle semble mue par l'énergie du désespoir. Elle ressent manifestement l'analyse comme l'ultim