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Coup de sonnette … J'ouvre la porte. Sans me regarder, Thomas entre dans raon bureau de son pas raide et saccadé, vêtu de son éternelle “peau de singe” qu'il dépose avec précautions au portemanteau. Lentement, il fait le tour de la pièce, caressant les murs, le bureau, la bibliothèque, le divan. Enfin, il prend “son” cahier sur l'étagère, s'assied et commence à dessiner.
Lorsque j'ai commencé à écrire cet article, cette image de Thomas m'est revenue à l'esprit. S'il est vrai que chaque traitement prolongé avec un patient psychotique amène de nouvelles interrogations, je pense que les questions soulevées par le traitement de Thomas m'ont menée du côté des tout premiers fondements des mécanismes psychiques.
Après une brève anamnèse, forcément lacunaire pour des raisons de discrétion que vous comprendrez, je ferai un développement clinique des principaux mouvements de ces deux années - environ - de Psychothérapie. Travail fluctuant, intense et combien fragile comme nous le verrons bientôt. Le choix du matériel que je vais développer s'est volontairement Orienté sur deux axes principaux: le rapport de Thomas à son corps d'une part; son rapport au langage de l'autre. Ceci nous condulsant à la façon dont il s'est servi de l'un et de l'autre pour se protéger de son angoisse de séparation la plus archalque. Nous verrons alors que nos interrogations ne sont pas sans rapports avec les moments difficiles sur lesquels nous venons buter dans les analyses de nos autres patients, après parfois de longues annees de travail analytique fécond.
Thomas a dix-sept ans lorsque je le vois pour la prémiere fois. Grand et mince, les gestes raides, le visage figé, il est déjà vêtu de ce qu'il appelle - je le saurai plus tard - sa “peau de singe”.
Il est tout à fait mutique depuis plus de deux ans. Il vit replié dans sa chambre, écrivant inlassablement les mêmes phrases stéréotypées dans des cahiers. Il m'a semblé que les parents demandaient une nouvelle consultation parce qu