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Il a été dit que tout écrit analytique fait écho au dialogue que nous avons avec l'un ou l'autre de nos analysés; le présent article ne démentira certes pas cette assertion. Il s'agit pour moi de traduire et d'élaborer des moments difficiles que j'ai rencontrés dans plusieurs de mes analysés et à propos desquels je me suis interrogée tant du point de vue theorique que technique.
Je me propose de décrire, dans un premier temps, les données cliniques qui m'ont fait problème. Ensuite, j'envisagerai les interrogations qu'elles posent. Interrogations théoriques: à quels parametres structurels rapporter ces éléments cliniques, comment en comprendre la génèse, l'actualisation dans la cure, la signification économique et dynamique dans les vécus transférentiels et contretransférentiels. Interrogations techniques: quelle attitude adopter devant pareilles manifestations?
Les faits cliniques d'abord. J'ai été sollicitée (j'entends, sollicitée contretransférentielleraent) dans le cours de l'analyse de certains de mes patients, par des séances particulièrement lourdes à assumer dans l'impact émotionnel qu'elles provoquaient. J'évoquerai trois de mes analysés chez lesquels ces moments me sont vivaces. Je tenterai d'abord de cerner les caractères communs des “moments” qui m'intéressent ici.
Ces moments ne dépassent guère la durée d'une séance. Parfois, ils n'apparaissent que pendant la partie terminale de la séance. Leur fréquence d'apparition est différente selon les cas. Ils sont constitués par une attaque violente contre l'analyste, attaque qui a la particularité de “viser juste”. Mon critère de sélection de ces séquences relève done, au premier chef, d'une appréciation contretransférentielle: je me vis comme mise en question, attaquée personnellement dans ma fonction d'analysteanalysant, atteinte dans ma réalité d'analyste, prise à partie au niveau de mon idéal du moi analytique. Je ne dispose plus du recul que garde l'analyste attaqué en tant que support d'une imago infantile (c