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La résistance des psychanalystes au projet de théorisation du travail psychanalytique en groupe vient du fait que, par sa pratique, le groupe-analyste met en brèche et l'illusion individuelle et l'illusion groupale. Le projet du groupe-analyste est d'être en groupe sans faire de groupe et il est difficile d'être soi-même à la fois un groupe uni et un individu divisé et divisible, un groupe divisé et un individu sans fissures. Il s'agit d'une situation limite et dans toute situation limite, il faut avoir le courage de la penser.
Si à la fin de la deuxième guerre mondiale, les Anglais ont jeté les bases d'une véritable cure analytique de groupe, à travers W.R. Bion sur le plan conceptuel et S.H. Foulkes sur le plan technique, la reprise, l'application et le développement de ces bases se sont faits dans les pays de langue française sous l'impulsion de P.B. Schneider à Lausanne, de D. Anzieu à Paris, de R. Kaës à Aix - Marseille - Lyon. Ces trois auteurs, à la fin des années soixante, ont créé les conditions favorables à l'application de la psychanalyse groupale tant sur le plan du cadre et des processus que sur le plan théorique.
Dans la réédition de son ouvrage fondamental: Le Groupe et l'Inconscient, , Anzieu donne une grande cohérence à l'ensemble de son oeuvre autour d'un pivot central, la théorie générale de la circulation fantasmatique en groupe.
Qu'est-ce qui organise le groupe comme entité psychique transcendant les personnes qui le composent ? Les psychanalystes ont ébauché des réponses mettant en jeu les réalites psychiques