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Voici un titre qui aurait fait plaisir à W.R. Bion. Ce recueil regroupe une série d'articles de qualité inégale exposés aux lère Rencontres Psychanalytiques d'Aix-en-Provence en juillet 1982, organisées par Jacques Caîn et Alain de Mijolla.
Si le thème part de l'idée que souffrance, jouissance, pensée, déplaisir, plaisir et représentation constituent un mixte jamais totalement dissociable, il ne fait que prolonger la pensée d'auteurs comme Klein, Winnicott et Bion qui ont bien montré que l'acte de pensée a un enracinement profondement pulsionnel en passant par la représentation de l'affect (Bion: “L'émotion est la mère de la pensée”) et particulièrement de l'affect douloureux.
Christian David opposera savoir affectif au savoir conceptuel pour nous montrer combien cette distinction a un impact clinique riche et immédiate C'est André Green qui a écrit que “toute pensée, si exaltante qu'elle soit, donne le sentiment qu'elle ne s'acquiert que par un renoncement qui est comme le commencement d'une mort”. Toute pensée est done la résultante d'un travail de deuil.
Jean Guillaumin va s'atteler quant à lui à la pensée comme travail et à son destin dans l'écriture, pensée vive plus que simple dépôt de la pensée. Son article prolonge le très beau numéro de la Nouvelle Revue de Psychanalyse (n° 16 d'automne 1977) sur Ecrire la psychanalyse. Pour Guillaumin, et il nous le montre au travers des écritures de Freud, Borges et Gary-Ajar, la pensee de l'écriture fonctionne en modifiant le destin de la souffrance à l'aide d'une illusion mise au service du moi. L'écriture serait en quelque sorte un contenant extérieur de la pensée, une extension de l'appareil psychique vers le monde extérieur d'origine maternelle créant ainsi un nouvel espace pour la pensée. Si on sait combien Guillaumin dans tous ses écrits est fasciné par le fonctionnement de l'appareil psychique,